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Le 6 janvier 2010, répondant à l’invitation lancée par l’Autorité de Sûreté Nucléaire, division de Strasbourg, Alsace Nature était présente, en la personne de son président et accompagné d’un représentant du BUND (Association voisine allemande de protection de la nature et de l’environnement),lui aussi invité officiellement.
Étaient aussi présents l’Association Stop-Fessenheim, le Président de la CLIS de Fessenheim et un employé du CG68, un représentant du Regierungspräsidium de Freiburg i. Br., 2 représentants du Landratsamt du Kreis Breisgau-Hochswarzwald, ainsi que des représentants politiques français, au niveaux national, régional, départemental et communal.
Bien que ce soit une première en la matière, en effet lors des révisions décennales précédentes une tel cas de figure n’ayant jamais eu lieu jusqu'ici, l’ASN avait indiqué dans sa lettre d’invitation que, à l’occasion de leur visite à Strasbourg, MM. Michel Bourguignon et Jean-Rémi Gouze, commissaires de l’ASN, accompagnés de représentants de la Délégation territoriale et de la Division de Strasbourg, souhaitaient dresser le bilan de l’action de l’ASN en matière d’information du public concernant la centrale nucléaire de Fessenheim.
Le dialogue, qui s’en suivit, s’est déroulé comme à l’ordinaire, donc sans surprise, dans un dialogue somme toute très courtois, chacun affirmant ses convictions dans le respect des positions de son vis à vis.
A l'issue de ce genre d'exercice, on est en droit de se demander à quoi et/ou à qui cela a-t-il été utile ? Car vraiment, l'information qui a circulé, concernant l’actuelle 3ème visite décennale du réacteur n°1 CP0 de Fessenheim, ne représentait pas de nouveauté particulière. "Forcément, le résultat de cette révision, devant analyser l'état des lieux, ne pourra être rendue public que beaucoup plus tard, début 2011 pour le réacteur en question" dixit l'autorité de sûreté.
S'il faut reconnaître que cette autorité s'efforce d'affirmer sa compétence et son indépendance. il faut savoir aussi que cette 3ème révision des 900 Mégawatts a commencé en 2003 et qu'éviter de donner tout élément constitutif à un début d'analyse, sous prétexte de garder la sacro-sainte neutralité, n'est pas sans signification.
L'ASN a parlé de l'expertise d'EDF, de l'expertise de l'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), de son expertise, mais aussi d'une expertise indépendante, telle qu'elle est déclinée par la CLIS (Commission locale d'information et de surveillance) de Fessenheim avec le contrat passé entre les experts du GSIEN (Groupement de scientifiques pour l information sur l énergie nucléaire) et la CRIIRAD (Commission de recherche et d information indépendantes sur la radioactivité). Perceptible était la demande ou pour le moins l'attente exprimée, appelant à cette expertise pluraliste.
Au niveau national, l'ASN encourage cette position en soutenant l'ANCLI, association fédérant les CLI. Cette démarche marque cependant le pas. Les CLI et l'ANCLI (L'Association Nationale des Commissions Locales d'Information) ne possèdent pas les moyens honnêtes et suffisants permettant de décliner la mise en place de cette expertise critique et indépendante. Ceci est du surtout à la résistance ou au manque d'intérêt du monde politique.
Ainsi, dans la situation et l'état des connaissances actuelles, il va de soit qu'Alsace Nature avec le BUND allemand ne peuvent que demander la fermeture et le démantèlement de la centrale nucléaire de Fessenheim. Devant les nombreux problèmes techniques non résolus ou qui posent questions au niveau de la sûreté, les Commissaires nous ont donné l'impression d'en être conscients, nous sommes curieux de connaître la position qu'ils vont adopter quant à la marche à suivre.
Face au refus des militants antinucléaires, en dernière ressource, la décision finale sera soit dans les mains du gouvernement, soit dans les mains d'EDF, dixit l'autorité de sûreté ou encore entre les mains d'une décision juridique.
Cela arrive parfois, souvenons nous de Superphenix.
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